Statistiques
US Oyonnax Rugby
Dimanche 17 octobre 2004
15h00
Stade Charles-Mathon (Oyonnax)
US Dax
C'est dans l'adversité que l'on trie les Hommes des hommes.
Par Bruno
Que Monsieur Méné ait fait une erreur ou pas, on ne va pas se mentir, ce n'est pas avec trois points de plus que l'on serait soulagé. On aurait évité ce sentiment de honte qui s'est abattu sur les supporters du club mais en aucun cas, on n'aurait trouvé de solutions au problème de ce début de saison : l'USDAX joue mal .
Qu'y a t il à retenir de bon de ce début de saison ? Une mi-temps contre Albi sans doute, une petite pensée pour Monsieur Martinez qui n'a même pas eu le plaisir d'y assister! Sinon, comme le rappelait justement un supporter, on peut résumer en deux statistiques la forme actuelle du groupe: en plus de deux heures jouées en supériorité numérique, l'USD a marqué 21 points et en a encaissé 18. C'est affolant comme chiffre. Cela veut dire que l'on n'a pas la force pour s'imposer, que l'on n'a pas assez de dynamisme pour fatiguer l'adversaire. En gros, on n'est incapable d'imposer notre emprise sur le match.
Deuxième stat, on a encaissé 32 pénalités en 6 matchs !!!! Plus de 5 par rencontre. 15 points dans la musette avant d'engager qu'elles disent les stats ! ça fait froid dans le dos. Pourquoi tant de pénalités ? Use-t-on d'expédients parce que notre mêlée sur roulette se fait exploser ? Ne connaît-on pas les règles ? Est-on trop indiscipliné ? Il y a sûrement un peu de tout cela. On pourrait également ajouter que l'on a marqué 9 essais (6 encaissés)... On est loin de la déferlante de beau jeu annoncé .
Cette équipe a des circonstances atténuantes mais qui vont malheureusement se retourner contre ceux qui l'ont bâtie. On ne se passe pas impunément de Berilhe, Dongieu, Gouloumet, Friand, Larrede et Argel, bien trop souvent oublié de la liste des absents. Un demi pack. Mais, cela fait partie des impondérables d'une saison, cela arrive à d'autres, Lyon par exemple. Les ressources internes pour les suppléer sont, disons le poliment, inadaptées au niveau de la D2. Prenons le 5 de devant, véritable point faible du groupe. Auzqui, Rameau, Noirot, Pedrosa, Cartier sont valides. Les deux premiers n'ont quasiment jamais été alignés d'entrée. Soit, on ne leur fait pas confiance, soit ils sont trop tendres à ce jour pour l'exigence de la D2. Cartier est rôti, cramé et on le serait à moins. Pedrosa n'est pas un pilier et Noirot, s'il est dynamique et percutant dans le jeu ne sait malheureusement pas lancer deux ballons d'affilée en touche. En gros, avant d'aller à Oyonnax, nos joueurs de tronche inspirent plus la compassion que la peur. En deuxième ligne, c'est presque pire. Berek n'est pas Steeve Austin, les jeunes n'ont rien de titulaires indiscutables et Vignolo, Gouloumet, Dongieu et encore moins Diebolt ne sont des secondes lignes. Il manque le joueur massif, celui qui tient la baraque, une sorte de Parent, Karelle... Celui qui empêche son pilard de reculer, qui se fait respecter et qui gagne ses gonfles en touche si le lanceur n'est pas un pizzaïolo.
Il n'y a rien de tout cela dans notre effectif. Mais, le phénomène n'est pas nouveau, on le savait que ce "cinq" weight watcher avait besoin de renfort. Alors soit les recruteurs sont aveugles, nouvel euphémisme, soit l'on est très pauvre... mais quand même un peu con pour se faire refiler un demi de mêlée, peut être très bon, mais qui n'a pas été aligné une fois sur la feuille de match et qui vient rejoindre un poste déjà surchargé. Sans être grand clerc, il y avait sans doute d'autres priorités. L'équipe est aujourd'hui déséquilibrée et deux trois blessures simultanées la mettent en l'air. Prenons le poste de numéro 8, au combien difficile. C'est un poste très exigeant, bien plus dur que flanker, beaucoup plus technique et "réflexif". On ne s'improvise pas numéro 8, surtout derrière une mêlée en apnée. Monsieur Cigagna a mis des années à devenir le génie qu'il était. Une conquête honnête et un axe 8/9/10 performant assure une saison "tranquille". Dongieu est un bon numéro 8. Intelligent dans son placement, bon trieur de ballon, c'est l'homme idoine à ce poste en D2. Mais quand il n'est pas là, le bateau coule et la grande qualité de nos flankers ne sert plus à rien. Là aussi, on avait Tournier, Guelin, Vignolo, Bertotto, Carraud, Boudet qui pointe son nez de joli façon, plus Gouloumet et Dongieu qui peuvent éventuellement occuper le poste. Aucun départ.... mais une arrivée pour là aussi gonfler un poste très fourni. N'en jetez plus ! On ne parlera même pas du réservoir de jeunes.
L'Usd fait avec les moyens du bord et elle paie aujourd'hui le déséquilibre de son effectif. Elle va à Oyonnax la tête basse affronter l'une des plus rugueuses équipes du lot. Très, très fort devant, impressionnant à domicile et doté d'un buteur, entraîneur hors du commun, on a un peu du mal à voir ce que l'on va faire là-bas. La première réponse serait peut être de faire parler son amour propre, si bien sur on en a un peu. On ne peut pas décemment se présenter non remonté sur un terrain de rugby après l'humiliation de la semaine dernière. Battu par 14 montois à domicile en jouant une mi-temps en supériorité numérique ... Battu en conquête, dans le dynamisme, bougé par 7 valeureux visiteurs. C'est quoi ce bordel ? Je ne suis pas sur que ce soit la meilleure valorisation du patrimoine rugbystique dacquois et le meilleur appâts à sponsors. A un moment ou un autre, il faut mettre les joueurs face à leur responsabilité. S'ils ne se mettent pas minables dimanche, c'est à désespérer. Cela paraît mission impossible. Un peu comme Mont de Marsan à Dax, Tyrosse à Aurillac, Auch contre Agen ou Bayonne à Biarritz.
Les ambitions de jeu, on s'en fout aujourd'hui. On veut des joueurs qui mouillent le maillot et qui ne prennent pas une troisième taule en 4 déplacements. On veut un lanceur qui ne se foutent pas de la gueule de ses sauteurs, des piliers qui donnent tout ce qu'ils ont même si l'adversité joue contre eux, des troisièmes lignes mort de faim, une charnière qui joue juste, des trois-quarts qui ne lâchent pas un centimètre. C'est dans l'adversité que Mont de Marsan a construit un groupe, que Toulon s'est installé en tête de la D2 et que La Rochelle a bâti une équipe redoutable. C'est dans l'adversité que l'on trie les Hommes des hommes.
Bonne chance.
Équipe
- 1 Régis RAMEAU
- 2 Yves PEDROSA
- 3 Christophe VIOL
- 4 Rudolph BEREK
- 5 Jérôme POULAN
- 6 Christophe TOURNIER
- 7 Julien BOUDET
- 8 Romain FRIAND
- 9 Jérôme DARET
- 10 Laurent LAGEYRE
- 11 Nicolas SESTARET
- 12 Ludovic COURTADE
- 13 Julien CARRAUD
- 14 Gabriel BREZOIANU
- 15 Laurent DIAZ